Attaque étasunienne au Venezuela : une violation inadmissible du droit international

Les Écologistes condamnent fermement l'attaque militaire menée par les États-Unis sur le territoire vénézuélien, qui a abouti à l’enlèvement du président Nicolas Maduro et de son épouse.

Présentée sans la moindre preuve par Washington comme une opération conjointe contre une “conspiration” anti-étasunienne et contre le narcotrafic, cette intervention, qui a combiné frappes aériennes et opération terrestre, constitue une agression manifeste contre le Venezuela.

Toute intervention militaire à l’intérieur d’un État sans mandat international constitue une grave violation du droit international et du principe de souveraineté des Etats. En l’absence d’autorisation du Conseil de sécurité des Nations unies, cette opération est illégale. Elle soulève en outre de graves interrogations quant à ses objectifs réels.

Cette escalade intervient dans un contexte politique vénézuélien profondément dégradé. Le pays est gouverné depuis plusieurs années par des autorités dont les pratiques se traduisent par une concentration du pouvoir, la répression de l’opposition politique et de graves atteintes aux droits humains. Ces dérives autoritaires doivent être clairement nommées et combattues. Le travail de la Cour pénale internationale, qui a ouvert en 2018 une enquête pour crimes contre l’humanité présumés lors de la répression des manifestations de 2017 au Venezuela, doit être soutenu.

Pour autant, la condamnation de ces dérives internes ne saurait en aucun cas justifier des ingérences extérieures. La défense de la souveraineté des peuples implique de s’opposer à toute intervention militaire unilatérale, sans complaisance à l’égard des régimes autoritaires. Le respect du droit international ne peut être ni sélectif ni instrumentalisé.

Face à cette situation, les Écologistes appellent à une désescalade immédiate, et à la saisine urgente du Conseil de sécurité des Nations unies. Nous appelons la France, en coordination avec ses partenaires européens, à condamner sans ambiguïté cette agression et à œuvrer pour une transition pacifique et démocratique au Venezuela, dans le respect de la souveraineté et de la volonté du peuple vénézuélien.


Aminata Niakaté, porte-parole Les Écologistes

La commission Transnationale Les Écologistes