Mise au Point

C’est avec la plus grande des consternations que Les Écologistes ont découvert l’article du Point rebaptisé “Les écologistes confrontés aux accusations d’entrisme islamiste” publié le jeudi 21 aout dernier. Le titre du dossier était initialement “Heureux comme un islamiste chez les verts”...
Le Point, s’est en effet lancé dans une énième vaine tentative de destabilisation de notre parti, à l’ouverture de nos journées d’été, notre rentrée politique, en exploitant un thème, celui de l’entrisme islamiste, aux seules fins de décrédibiliser notre mouvement, ses élu•es et ses militant•es, en insinuant qu’il serait non seulement tolérant vis-à-vis de l’islamisme radical mais plus encore, qu’il existerait une stratégie d’intégration de cette idéologie dans la doctrine du parti.
Cet article, qui relève plus de la propagande que de l’information, est une accumulation infondée de fake news et d’approximations hasardeuses. Il ne respecte pas les principes élémentaires auquel un.e journaliste doit s’astreindre : une enquête sérieuse, le respect du contradictoire et la fiabilité des sources.
Pour ne prendre qu’un seul exemple, les écologistes parisien.ne.s ont bel et bien voté la dénomination d’une rue parisienne au nom de Samuel Paty. Les voix manquantes dues à un motif technique, étaient réparties sur tous les groupes politiques du Conseil de Paris, de droite comme de gauche. Un journaliste doté d’un minimum d’éthique et de déontologie aurait peut-être pris la peine de contacter la Présidente de ce groupe avant de diffuser un tel torchon.
L'honnêteté intellectuelle et l’exigence d’objectivité auraient conduit un journaliste consciencieux à mentionner qu’Arnaud Larcheret, opportunément analyste pour la circonstance, est un ancien chef de cabinet et directeur de cabinet d'élu•es Les Républicains... à Strasbourg. Le manque d’objectivité de cet analyste paraît évident. On comprend mieux l’attaque en règle de l’actuelle Maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian, à laquelle les journalistes du Point reprochent de subventionner une association locale d’ores et déjà subventionnée de longue date par l’État.
Les journalistes auraient dû prendre la peine d’interroger celles et ceux qui sont mis en cause, ce dont ils se sont exonérés pour la raison évidente que cet article se propose moins d’informer de manière objective que d’asséner des contre-vérités dans le seul but de nuire aux Écologistes, parti comme élu.es, à la veille d’échéances électorales importantes.
Oui, notre mouvement compte des musulman•es et non, tou.tes les musulman•es ne sont pas des islamistes.
La consonance arabe ou africaine des noms de nos militant•es ne dit rien de leur nationalité ni de leur religion d’appartenance ou de leur athéisme. La lutte contre les discriminations est un axe central du projet écologiste et la lutte contre l’islamophobie ne saurait être assimilée à de la complaisance envers l’islamisme. Les Écologistes ne sont ni complaisant•es ni proches des islamistes radicaux. L’amalgame que fait Le Point et une certaine presse entre musulman•es et islamistes radicaux est inacceptable et même passible de poursuites pénales.
Et la laïcité, aujourd’hui dévoyée par une partie du personnel politique et des médias qui l’instrumentalisent contre certaines minorités visibles, est en réalité le premier gage de la liberté de conscience de chacune et de chacun, y compris des musulman•es.
Les Écologistes se sont toujours positionné•es très fermement contre l’antisémitisme, l'islamophobie et toutes les formes de racisme et de haine. Nous ne laisserons personne amalgamer notre position sur le conflit israélo-palestinien avec de l’antisémitisme. Notre boussole est, et restera, celle du respect du droit international, et notamment des décisions et des ordonnances déjà prises en lien avec la situation à Gaza et en Israël.
Nous savions déjà que Le Point - propriété de François Pinault - partageait une ligne éditoriale de backlash anti-écologique au service des intérêts pécuniaires de son propriétaire. Nous ne sommes pas dupes de sa stratégie de diversion qui cible les personnes racisées et les musulman•es comme responsables des maux des français•es alors que les dérives capitalistes des groupes détenus par des milliardaires sont les premières responsables des inégalités sociales et de la destruction du vivant.
Il apparaît ainsi que l’article du Point contient de nombreux propos susceptibles de revêtir une qualification pénale et Les Écologistes entendent bien réagir aux accusations mensongères et infondées qu’il comporte.
Nous avons mandaté notre avocat afin qu'il sollicite un droit de réponse et dépose une plainte avec constitution de partie civile du chef des infractions à la Loi sur la liberté de la presse qu'il comporte.
Aminata Niakaté et Eric Piolle, porte-paroles Les Écologistes