Stop à l'impunité de Benyamin Netanyahou : un préalable à la paix

Alors que la reprise des bombardements israéliens le 18 mars à Gaza a déjà causé la mort de près de 700 personnes dont une grande majorité de civils, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou continue d’échapper aux poursuites de la justice israélienne pour fraude, corruption et abus de confiance : son audience des 18 et 19 mars a été reportée pour cause de reprise du conflit.
M. Netanyahou et des membres de son cabinet font par ailleurs l’objet d’enquêtes, menées par les services de sécurité intérieure Shin Beth, pour crimes contre la sécurité de l’Etat du fait de leur implication supposée dans le financement de longue date du Hamas par l’intermédiaire du Qatar. Alors que cette affaire ressurgit dans les médias israéliens, le Premier ministre a obtenu mercredi soir du gouvernement le renvoi du directeur du Shin Beth. Un renvoi qu'il affirme vouloir mettre en œuvre, bien que la Cour suprême lui en ait signifié l'interdiction. Dans son défi permanent à la justice, le Premier ministre israélien a maintenant entamé une procédure de destitution de la Procureure générale du pays.
Depuis le 21 novembre 2024, M. Netanyahou fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre « dans le cadre d’une attaque généralisée et systématique lancée contre la population civile de Gaza » : il lui est reproché, conjointement avec son ex-ministre de la Défense Yoav Gallant, d’avoir ordonné de tuer massivement des civils, de les affamer, de les soumettre à une souffrance extrême et de les persécuter pour des motifs politiques ou nationaux. Si la CPI n’a à ce stade pas retenu le crime d’extermination, la Cour internationale de justice a estimé « plausible », par trois fois en 2024, qu’Israël soit en train de commettre un génocide à Gaza. Aucune des mesures conservatoires qu’elle a ordonnées pour éviter la confirmation du pire n’ont été subséquemment appliquées par M. Netanyahou et son gouvernement. Ce qui, en décembre 2024, a amené les trois principales organisations de défense des droits humains – la FIDH, Amnesty International et Human Rights Watch – à estimer qu’Israël était effectivement en train de commettre un génocide à Gaza.Le cessez-le-feu du 19 janvier 2025 a été rompu dans un contexte de nouvelles poursuites judiciaires contre le Premier ministre israélien. Depuis, les bombardements israéliens se poursuivent, causant toujours plus de victimes parmi les Palestinien·nes, dont des dizaines de milliers ont déjà perdu la vie depuis le 8 octobre 2023. Alors même que des meurtres et expulsions massives de Palestinien·nes sont opérées par les colons avec l’aide de l’armée en Cisjordanie, et que les bombardements israéliens se poursuivent en violation du droit international au Liban et en Syrie.
Benyamin Netanyahou doit urgemment répondre de ses méfaits devant la justice, il est devenu un interlocuteur disqualifié pour la diplomatie et pour la paix.Dans ce contexte, Les Ecologistes :
- Appellent à l'arrêt immédiat des opérations militaires israéliennes à Gaza, en Cisjordanie, au Liban et en Syrie ;
- Demandent l’entrée massive d’aide médicale et humanitaire à Gaza ;
- Soutiennent les familles d’otages, les vétérans de l’armée, les organisations des droits humains et toutes les organisations, ainsi que la centaine de milliers de manifestant·e·s, qui en Israël demandent la fin des opérations militaires, le respect de l’Etat de droit et la comparution de Benyamin Netanyahou devant la justice israélienne ;
- Demandent à tous les Etats partis à la CPI de se conformer à leurs obligations de respecter les mandats d’arrêt visant Benyamin Netanyahou, Yoav Gallant et le chef militaire du Hamas Mohamed Deif ;
- Demandent la libération des otages retenu·es par le Hamas et des prisonnier·es politiques palestinien·nes détenu·es en Israël ;
- Demandent la suspension de l’accord d’association Union européenne - Israël tant que ce pays poursuivra une politique fondée sur la colonisation, les bombardements de civils et la violation systématique des droits humains des Palestinien·nes ;
- Appuient, et continuent de dialoguer avec, toutes les organisations israéliennes et palestiniennes qui essaient de construire une cohabitation pacifique entre ces deux peuples de la mer Méditerranée au Jourdain.